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Le Parc Naturel Régional d’Armorique en Bretagne - Sommaire
Dernière mise à jour le 31/01/2003
De Benedikt Philipp (benedikt.philipp∂mahopa.de)
L’unification de l’Europe dans l’Union Européenne (UE) a une grande influence sur la vie dans les États membres, par exemple est elle à l’origine de l’endurcissement des standards écologiques. Cet effet pèse encore plus fort dans un pays comme la France, dans lequel l’esprit écologique est traditionnellement moins marqué qu’en Allemagne. Par exemple: ceci est bien visible dans les mauvais résultats des Verts français[1]. Un autre bon exemple est la gestion des déchets qui est assez bien développé chez nous, mais n’en est qu’à ses débuts en France. Et c’est pour une bonne partie à cause de l’UE, essayant de créer des lois valables pour tous ses membres afin d’assurer une meilleure protection de l’environnement, que la situation en France commence à s’améliorer. Une des grandes idées de l’UE est la décentralisation et le retour aux identités régionales, soutenues par des subventions pour des projets visant le renforcement des particularités des régions dans la vision d’«une Europe des régions». Cette décentralisation est, encore une fois, une chose qui a des conséquences relativement frappantes en France. Dans ce pays fortement centralisé, tout s’oriente vers la capitale ce qui devient évident à en juger le contraste entre Paris et la «province», le reste de la France.
Ces deux objectifs européens, le retour aux régions et la protection de l’environnement, sont aussi les objectifs primordiaux d’une institution française, les Parcs naturels régionaux (PNR). Un de ces Parcs, le Parc Naturel Régional d’Armorique, situé en Bretagne, sera présenté ci-après.
D’abord il faut savoir ce qu’est, un Parc naturel régional (PNR), quels en sont les objectifs et comment il agit. La Fédération des Parcs naturels régionaux de France le définit de la manière suivante: «Un Parc naturel régional est un territoire rural, reconnu au niveau national pour sa forte valeur patrimoniale et paysagère, qui s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine.»[2] Et la loi No 93-24 du 8 janvier 1993 souligne encore les devoirs d’un Parc: «Les Parcs Naturels Régionaux concourent à la politique de protection de l’environnement, d’aménagement du territoire, de développement économique et social, d’éducation et de formation du public. Ils constituent un cadre privilégié des actions menées par les collectivités publiques, en faveur de la préservation des paysages et du patrimoine naturel et culturel.»[3]
Un Parc naturel régional s’étend alors sur un territoire cohérent dans un paysage unique en son genre et représentant «le patrimoine naturel, culturel et humain»[4] de toute une région, et qui est d’une importance nationale, voire européenne. C’est la raison pour laquelle il faut l’accord et la collaboration non seulement des communes et de la région concernées, mais aussi du Conseil National de la Protection de la Nature, de l’Etat, représenté par le Ministère chargé de l’Environnement afin que le Premier Ministre donne son accord au classement d’un Parc naturel régional.
Les objectifs généraux sont la protection de l’environnement et du patrimoine culturel. Ainsi le Parc naturel régional essaie de faire connaître, de protéger, de revitaliser l’identité et les traditions de son territoire (danses folkloriques, chants traditionnels, langue ou dialecte régional, techniques artisanales ou races locales menacées par la disparition). Mais cet aspect culturel est seulement possible à cause de la qualité dominante d’un Parc naturel régional: Contrarié à un Parc national, le PNR s’étend aussi sur des villages, voire même sur une partie de petites villes, donc sur un paysage habité et en général totalement accessible pour les habitants et les touristes. C’est la raison pour laquelle un PNR fait aussi des efforts dans les domaines socioculturels, par exemple dans le domaine du travail: Pour lutter contre le chômage il lance des projets innovateurs qui sont normalement marqués d’un trait écologiste.
Mais bien qu’il s’engage dans les domaines socioculturels, la protection de l’environnement reste sa tâche prioritaire, pas seulement sur son propre territoire, mais en recherchant des solutions pour des problèmes environnementaux. Quelques Parcs essaient par exemple, de trouver des voies pour améliorer la qualité des eaux dans leur région, pour éliminer des déchets et pour le recyclage. De toute façon, un Parc prend l’initiative de mettre en marche des projets innovateurs aidant à trouver des solutions en vue d’un développement durable. Mais ce n’est pas seulement par des expériences qu’on essaie de protéger l’environnement, il existe aussi des projets de protection «classique»:
Par exemple essaie-t-on de recenser la flore et la faune existantes afin de pouvoir projeter des programmes pour leur protection et de maintenir la biodiversité sur le territoire du Parc. Autre exemple, sur le secteur de l’énergie, les PNR favorisent des projets d’énergies renouvelables, en soutenant par exemple la construction d’éoliennes. Et ce qui est très important est qu’un Parc fait aussi des efforts afin de créer un sentiment de responsabilité pour l’environnement dans le public, afin de sensibiliser (randonnées commentées, séjours pour des classes scolaires, journées portes ouvertes et documentations sur des problèmes environnementaux locaux et mondiaux de toutes sortes).
Afin de préciser ces objectifs assez vagues - la protection de l’environnement et la valorisation du patrimoine culturel et naturel - chaque PNR a besoin d’une soi-disant «Charte», un document contenant les projets du Parc et devant être signé par toutes les communes adhérentes, le département et la région concernés et le Ministère chargé de l’Environnement. Après, le Premier Ministre classe le PNR. Une telle Charte est valable pour une période de dix ans. À la fin de ces dix ans, il faut la réviser: un processus nécessitant la participation de tous les signataires. Alors on peut dire que la Charte a la fonction d’une constitution pour le Parc. Et bien qu’il y ait un cadre pour la conception de la Charte, elle est élaborée par les membres concernés. Entrée en vigueur elle influence les décisions dans le Parc. Par exemple il est obligatoire que les documents locaux d’urbanisme, les plans d’occupation des sols, ainsi que les autres arrêtés municipaux concordent avec la Charte. Aussi le Parc est systématiquement consulté avant qu’une autorisation de bâtir sur son territoire soit donnée.
On serait tenté de dire que ce ne sont que des contraintes dont les membres se chargent, mais il faut savoir que c’est volontairement qu’ils signent la Charte et cette liberté n’existe pas seulement au moment de la fondation du Parc, mais à chaque fois que la Charte est révisée. Une fois entrée en vigueur, la Charte contient toutes les règles et les directives pour le développement du Parc. Mais contrairement à la loi, il n’y a pas de possibilité de punir un membre ayant violé la Charte. Il est seulement possible pour le Parc de s’adresser au Tribunal administratif pour que celui-ci force à respecter les conventions. Toutefois, les membres en reçoivent beaucoup d’avantages: Les communes adhérentes, par exemple, peuvent bénéficier d’une «équipe pluridisciplinaire»[5] et de moyens financiers supplémentaires pour leurs projets. Étant mieux associées, celles-ci profitent ainsi d’une «image de marque de qualité»[6] : atout pour le tourisme. Mais l’avantage le plus important est le «cadre de vie agréable»[7] dont peuvent profiter les habitants des communes.
Un PNR est administré par son propre organisme de gestion, qui se compose d’employés dont le nombre dépend des dimensions du Parc. Ces employés font les travaux nécessaires sur le plan de l'administration et de l'organisation. De plus, il y a une assemblée nommée le «Syndicat mixte» composée d’élus représentant la région, le département et les communes adhérentes. C’est ce «Syndicat mixte» qui prend les décisions en ce qui concerne le futur développement d’un Parc et qui élabore la nouvelle Charte après les dix ans. Les autres associations se regroupent très souvent dans une «Association des amis et usagers du Parc»[8] et prennent ainsi part à l’élaboration de la Charte et aux décisions. En outre des représentants socioprofessionnels[9] ont une fonction consultative pour le Syndicat mixte et pour l’organisme de gestion du Parc , ils sont consultés en cas de besoin.
Le financement peut être divisé en deux domaines: l’un est le budget de fonctionnement (1 200 000 à 1 700 000 € en moyenne), afin de payer tous les employés, de financer les différentes institutions,..., et le budget d’équipement qui dépend des projets du Parc. Ce sont en règle générale la région (~40%), le département et les communes (~30%) et le Ministère chargé de l’Environnement (~10%) qui payent. Le reste (~20%) est financé par d’autres moyens: par d’autres ministères concernés, par l’UE ou par des bénéfices propres[10].
Tous les PNR sont réunis dans la Fédération des Parcs naturels régionaux de France (FPNRF), une organisation qui représente les Parcs et leurs objectifs envers le public et envers la politique. La FPNRF sert aussi comme forum pour les différents Parcs afin de faciliter l’échange d’idées mais aussi du matériel. C’est aussi elle qui aide les Parcs à éditer et publier leurs documents d’information, qui publie un magazine pour tous les PNR («PARCS») et qui prend soin du site Internet commun (www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr). Et enfin, elle définit le cadre pour le contenu des Chartes des PNR et soutient la fondation de nouveaux Parcs[11].
Fondé en 1969, le Parc naturel régional d’Armorique (PNRA), situé tout à l’ouest de la Bretagne était un des premiers PNR de la France. Sur sa superficie de 172 000 ha, dont 112 000 ha d’espace terrestre (4,2% de la Bretagne), et 60 000 ha d’espace maritime, il représente presque tous les paysages et les îles de la Bretagne, de la mer jusqu’aux rivières paisibles et aux forêts calmes, des sommets rocheux aux marais sombres. Dans ses 39 communes adhérentes, il y a environ 52 000 habitants. Situé à la périphérie de l’Union Européenne et dépendant de l’agriculture et de la pêche, on pouvait dire, que le PNRA s’étend sur une zone qui est économiquement défavorisée. C’est un fait qui a favorisé la relative préservation des espaces vitaux, mais causant beaucoup de problèmes économiques et sociaux (exemple : l’exode rural).
«Le Parc Naturel s’attache à créer des activités nouvelles susceptibles de favoriser les échanges citadins-ruraux. C’est un lieu de réflexion, d’expérimentation, d’accueil, une école de l’environnement et du patrimoine.»[12] Le Parc essaie de trouver des voies pour un développement durable, respectueux de l’homme et de la nature en même temps et il a pour vocation de maintenir et de valoriser le patrimoine naturel et culturel. Pour faire partager ce patrimoine, il a créé des musées et des maisons qui s’occupent chacun d’un des aspects culturels ou naturels. Ainsi le Parc Naturel est devenu la seconde attraction touristique dans le département du Finistère avec plus de 200 000 visiteurs par an, juste après Océanopolis à Brest, avec lequel il collabore beaucoup. Un autre grand succès du PNRA a été la labellisation de la Réserve de la Biosphère d’Iroise par l’UNESCO en 1988. De plus il y a un jumelage avec le Parc National du Pembrokeshire au Pays de Galles[13] et c’est sur l’initiative du Parc qu’on a commencé le projet de la création d’un Parc National Marin de la Mer d’Iroise.
L’archipel d’Ouessant et Molène au nord, et l’île de Sein au sud, représentent les points les plus à l’ouest de toute la France. C’est un paysage unique en son genre, sauvage et doux en même temps. De plus, elles disposent d’un patrimoine culturel riche datant de l’époque néolithique pendant laquelle elles étaient déjà connues comme des endroits mythiques. Elles sont connues jusqu’à nos jours comme „finis terrae“ - le „bout du monde“ (le département du Finistère).
L’Île de Sein, et surtout l’archipel des îles d’Ouessant et de Molène représentent un paradis naturel: situé entre la Manche et l’Atlantique et profitant de l’influence modératrice du Gulf Stream (responsable du climat doux), il y existe une immense diversité de la flore et de la faune sur ces îles, mais aussi dans la mer: hormis deux troupeaux de grands dauphins, une des rares populations maritimes de loutres en Europe et de nombreux oiseaux marins, il y existe la population de phoques gris la plus méridionale d’Europe, illustrant au mieux la qualité de l’archipel Molène-Ouessant. De plus, on y trouve le plus vaste champ d’algues d’Europe où on en dénombre pas moins de 319 espèces d’algues différentes, hébergeant 135 espèces de poissons fréquentant la Mer d’Iroise, soit la quasi totalité des espèces vivant en Manche atlantique[14]. Plusieurs espèces d’oiseaux marins et migrateurs nichent en Mer d’Iroise, dont quelques-unes figurent au livre rouge des espèces menacées.
Ces richesses ont permis aux insulaires (dont le nombre est inférieur à 1700), de vivre de la mer. La pêche est presque la seule source de revenu et tous les hommes y travaillent pendant que les femmes s’occupent des maisons et de la petite agriculture. Mais face à la concurrence internationale, la pêche artisanale se trouve en crise et il faut que l’état dépense beaucoup d’argent pour soutenir les habitants et lutter contre «l’exode insulaire» qui a pour raisons la mauvaise situation professionnelle, ainsi que la vie dure et monotone sur les îles. De plus, il y a un autre danger, pas moins grave: chaque année plus de 50 000 navires passent les îles par la Chaussée d’Ouessant, une des voies navigables les plus fréquentées du monde, ce qui crée, malgré le système de signalisation très complexe, le danger d’une catastrophe maritime et de marées noires qui auraient des conséquences terrible sur l’écosystème des côtes de la Bretagne et ainsi indirectement sur la situations des pêcheurs. Il y eut les marées noires terribles causées par les catastrophes des pétroliers Amoco Cadiz et Erika et ce danger existe encore comme on le voit actuellement en Galice.
Aussi marquée par la mer et ses forces, la Presqu’île de Crozon, souvent nommée «un des plus important sites naturels de France», sépare la Rade de Brest au nord de la Baie de Douarnenez au sud. Autrefois nommée Armor, «pays au bord de la mer», elle a donné son nom au Parc Naturel Régional d’Armorique. De plus, elle contient quelques des noms les plus connus du Parc et de toute la Bretagne : les sites naturels de la Pointe de Penhir, de la Pointe de Dinan, de la Pointe des Espagnols, des Tas de Pois et du Cap de la Chèvre ainsi que les stations balnéaires de Camaret sur Mer et de Morgat.
L’agriculture a marqué l’intérieur de la presqu’île, lui conférant son caractère calme et moins spectaculaire que la côte, toute vouée au tourisme: la côte sauvage avec ses falaises abruptes et impressionnantes, ornée avec la bruyère, les fiords profondément incisés, les grottes mythiques et - coupant le caractère sauvage - les anses paisibles avec leurs plages à vue magnifique sur le spectacle naturel. Mais tous les deux, l’agriculture et le tourisme causent aussi des problèmes comme par exemple l’engrais qui pollue l’eau ou les déchets produits par les touristes.
Avec les Alignements de Lagatjar, l’ancienne Abbaye de Landévennec, la forteresse de la Pointe des Espagnols, lieu stratégique dominant l’entrée étroite à la Rade de Brest et des dizaines de blockhaus allemands, datant de la Seconde Guerre mondiale, la Presqu’île possède, elle aussi, pas seulement une nature magnifique, mais aussi un patrimoine culturel très important à maintenir et intéressant à découvrir.
Contrairement aux îles et aux falaises sauvages, l’Aulne Maritime, surmontée par le Ménez Hom, représente - par son paysage paisible et doux - l’autre visage de la Bretagne, créant le lien entre la partie maritime et la partie terrestre du Parc. L’Aulne, une des plus grandes rivières de la Bretagne, se serpente paisiblement avant de se jeter dans l’estuaire, la jonction à la Rade de Brest. Autrefois utilisée pour la pêche et comme voie de transport, elle est aujourd’hui connue pour ses vallées vertes, ses forêts et ses lieux calmes, d’où une attraction pour les touristes cherchant l’expérience naturelle.
Le Ménez Hom (330m), la dernière élévation des Montagnes Noires, offre un panorama magnifique sur toute la Baie de Douarnenez, la Presqu’île de Crozon, la Rade de Brest, les îles (Ouessant, Molène, Sein) et les Monts d’Arrée, et est ainsi un des belvédères le plus impressionnants de toute la Bretagne. Bien qu’il soit d’une altitude modeste, moins élevé que, par exemple, le Mont St. Michel, le Ménez Hom est le sommet le plus spectaculaire et aussi le plus fréquenté, surtout grâce à son panorama.
Sur le territoire de l’Aulne Maritime et du Ménez Hom, c’est encore une fois surtout l’agriculture qui a donné son empreinte au paysage, et comme dans toutes les régions avec une agriculture intensive, on y a beaucoup de problèmes avec la pollution du sol et de l’eau.
Tout à l’ouest, les Monts d’Arrée (une des montagnes bretonnes), autrefois nommées l’«Argoat», «pays au bord de la forêt», sont dominées par la lande, quelquefois un peu monotone, ou par le bocage, là où il y avait de l’agriculture. Aujourd’hui, le bocage est menacé parce que les agriculteurs agrandissent leurs champs afin de pouvoir mieux y travailler avec leurs machines lourdes. De plus ils assèchent leurs champs boueux et détruisent ainsi l’espace vital de beaucoup d’animaux et de plantes. Quant au patrimoine culturel, c’était surtout la religion qui avait donné son empreinte aux Monts d’Arrée. C’est visible dans les enclos paroissiaux de Saint-Thégonnec, Guimiliau, Lampaul-Guimiliau,... ou dans la Chapelle de St. Michel, situé sur un des sommets le pus haut de la Bretagne: le Mt. St. Michel (384m). Elle domine le Yeun Elez, le «marais du diable», lieu de légendes sombres, et le Réservoir de St. Michel, qui était autrefois nécessaire pour la Centrale Nucléaire de Brennilis, la première centrale nucléaire de toute la France (construite en 1966). En 1987, elle a été fermée, notamment à cause de son âge. C’était la seule centrale nucléaire en Bretagne, mais son démantèlement est encore un des sujets importants au niveau écologique et un des points chauds dans le Parc.
Grâce aux précipitations relativement fortes, les Monts d’Arrée ont le plus grand réservoir d’eau du département du Finistère, le château d’eau des Monts d’Arrée, d’où la nécessité de protéger la qualité d’eau. Mais du fait de l’importance de l’agriculture, les problèmes liés à la pollution de l’eau sont nombreux. Bien qu’il y existe la seule tourbière bouclée de toute la France, la qualité d’eau des rivières est souvent mauvaise sinon très mauvaise[15].
Il n’y a pas seulement la lande et le marais, mais aussi des forêts impressionnantes, primordialement la Forêt d’Huelgoat qui est, avec son fabuleux Chaos de rochers «un des plus beaux sites de la Bretagne intérieure»[16], et pour cette raison aussi une des grandes attractions touristiques. Selon les légendes, c’est là que régnait le roi Arthur avec sa table ronde. Il y avait également des Celtes. Dans cette partie des Monts d’Arrée, les problèmes écologiques sont moins graves, surtout grâce à la forêt et à l’absence de l’agriculture intensive.
En général, les problèmes écologiques dans le PNRA sont à peu près les mêmes que dans tout le reste de la Bretagne: la gestion des déchets, la maintenance de la diversité biologique menacée, l’alimentation en énergie, ... et comme une «spécialité régionale» les marées noires et leurs conséquences. Mais le problème le plus grave - qui sera expliqué en détail dans ce qui suit - se pose à cause du secteur économique dominant, l’agriculture et l’élevage. Face à la concurrence européenne et mondiale, ce secteur s’est intensifié, provoquant l’aggravation de la pollution du sol et - ce qui est encore beaucoup plus grave - des eaux, des eaux douces et maritimes mais aussi de la nappe phréatique (les substances nitratées de l’engrais, utilisés de manière excessive, pénètrent dans le sol, où elles sont dissoutes et entrent dans la nappe phréatique). Nous pouvons constater alors que plusieurs rivières - même sur le territoire du PNRA – ont une teneur de plus de 50 mg/l de nitrates (c’est la valeur indicative européenne pour l’eau potable). C’est aussi la raison pour laquelle en Bretagne, nombreux sont ceux qui achètent des bouteilles d’eau et ne consomment pas l’eau du robinet.
Le Parc a une fonction de zone d’expérimentation. Il contient également le château d’eau des Monts d’Arrée, ressource d’eau potable la plus grande du département du Finistère[17]. On y fait alors grands efforts afin de trouver des solutions pour la lutte contre la pollution des eaux et pour améliorer la qualité des eaux. Voilà ce que le PNRA fait: d’abord il veille au respect des réglementations en vigueur. De plus, il participe à l’élaboration d’une cartographie permettant aux communes de vérifier l’impact sur l’eau de fond avant qu’elles donnent une autorisation à bâtir ou quand elles renouvellent leurs plans d’occupation des sols ou leurs documents d’urbanisme. Dans les lieux sensibles on veut créer des zones de protection de l’eau, des zones qui n’ont pas d’agriculture et surtout pas d’élevage ou seulement une agriculture extensive et - dans le cas optimal - biologique. On a déjà commencé par la création de «zones des bassins versants d’actions prioritaires»[18]: les agriculteurs doivent faire plus d’attention à la protection du sol et de l’eau afin de garantir une amélioration de la qualité. Mais on sait qu’il faut des dizaines d’années jusqu’à ce qu’une vraie amélioration durable se développe.
On est aussi à la recherche de «mesures agri-environnementales»[19], afin de développer une agriculture moins polluante. Puis le Parc informe les élus sur les dangers et les possibilités de protection pour qu’ils puissent mieux estimer l’impact de leurs décisions sur la nature. Enfin, le public est aussi informé, premièrement dans la Maison de la Rivière à Sizun et dans son annexe, la Maison du Lac au barrage du Drennec. Ces deux font connaître «les richesses naturelles des rivières armoricaines»[20] en présentant tout l’éventail des espèces vivant dans les eaux du Parc, des divers poissons à la loutre d’Europe. On y montre et explique les mesures de protection et d’amélioration de la qualité des eaux, spécialement dans le Drennec, et dans les fonds de vallée. Les maisons participent activement et de façon consultative dans ces projets. Enfin elles organisent des excursions afin de faire connaître et respecter les eaux et leurs flore et faune.
Mais l’agriculture intensive est aussi à l’origine d’autres problèmes en dehors de la pollution du sol et des eaux: Par exemple a-t-on agrandi les surfaces agricoles pour la culture avec des grandes machines et ainsi détruit les haies, le trait caractéristique du bocage et l’espace vital de beaucoup d’animaux. Le Parc a lancé des programmes de protection et de reconstruction.
Au niveau de la pêche, y compris aussi les spécialités comme l’ostréiculture, la mytiliculture et l’aquaculture[21], le Parc essaie de favoriser la pêche artisanale qui est traditionnellement diversifiée et de collaborer avec les associations des pêcheurs. Il est à l’origine de projets, toujours agissant selon le principe du volontariat. Par exemple a-t-on lancé le projet de récolter des algues dans la Mer d’Iroise, mais seulement une certaine quantité, ce qui comporte deux avantages: d’un côté, les «pêcheurs des algues» ont ainsi un revenu sûr, et de l’autre côté, c’est une gestion durable qui ne menace pas la continuité des champs d’algues. Les produits des algues sont vendus sous le nom du Parc. Autre exemple, le PNRA participe à des actions communes avec l’Association de Pêche pour la protection des Milieux Aquatiques (APPMA) qui ont pour objectif d’améliorer la qualité par exemple du lac St Michel et de l’Elorn[22].
Ainsi le Parc aide en lançant des projets protégeant l’environnement et favorisant l’artisanat face à la production industrielle en même temps.
Sur le secteur de la pêche et des milieux aquatiques on collabore beaucoup avec Océanopolis à Brest, un des aquariums les plus grands et les plus modernes de toute l’Europe. Bien qu’Océanopolis nous découvre le pavillon polaire, où il y a par exemple la colonie des pingouins la plus grande de l’Europe, ou le pavillon tropical, qui montre le monde marin des tropiques, la partie dominante et la plus grande est le pavillon tempéré: on y présente le monde sous-marin des côtes bretonnes. Mais Océanopolis n’est pas seulement un aquarium pour le public, c’est aussi une station de recherche et d’études, avec par exemple un hôpital pour phoques. De plus, l’équipe d’Océanopolis travaille à la surveillance des dauphins vivant entre Ouessant et Sein. La plupart de ces études se font grâce à la collaboration entre Océanopolis et le PNRA, afin de mieux connaître la flore et la faune locale et les mesures pour leur protection.
C’est pour le même objectif que le Parc travaille aussi avec Le Conservatoire Botanique National de Brest / du Stang Alar qui s’est consacré à préserver des plantes menacées de disparition. Il s’occupe principalement de plantes régionales, mais aussi de plantes des DOM-TOM,... Et c’est sur le secteur de la flore régionale que le PNRA donne de l’aide à des études et des projets de préservation[23]. De plus il existe la Maison de la Faune Sauvage à Scrignac, entretenue par la Fédération départementale des chasseurs, qui a pour vocation «de faire connaître la faune sauvage de Bretagne, de contribuer à la protection et à la gestion de milieux naturels et des espèces» (exposition des animaux naturalisés et des excursions guidées)[24]. La Maison des Minéraux à Crozon s’occupe surtout de la géologie bretonne, mais elle est aussi un centre de découvertes pour l’écologie des Caps et de la Presqu’île de Crozon[25].
Comme toutes les autres musées et maisons du PNRA, ces institutions ne s’adressent pas seulement aux habitants du Parc ou aux classes scolaires, mais aussi aux touristes pour qu’eux aussi connaissent la nature et apprennent la respecter.
Dans la plupart des cas, les projets du PNRA essaient de combiner l’aspect écologique avec l’aspect socioculturel ce qui veut dire qu’on veut que l’homme et la nature tirent tous les deux profit des actions du Parc. Cette intention s’explique à cause du principe du volontariat: s’il est nécessaire que les gens donnent leur accord à un projet qu’ils y participent, ils doivent en profiter, directement ou indirectement. Le PNR a pour vocation d’«aider à développer». Un bon exemple c’est encore une fois l’agriculture: considérée comme «un atout pour le Parc», l’agriculture, «l’activité économique principale»[26], n’a pas pour seule tâche de produire des denrées alimentaires, mais elle soigne et maintient aussi le paysage. Et les agriculteurs font bien sûr partie de la population du Parc, ils ont un rôle important pour la démographie. Comme la maintenance des paysages est un des objectifs écologiques principaux du PNRA, il est évident que l’aspect écologique et l’aspect socioculturel se combinent idéalement dans ce cas-là. En luttant contre la diminution de fermes, le Parc poursuit alors directement l’objectif de lutter contre le chômage et de stabiliser la structure sociologique en soutenant les agriculteurs, indirectement il maintient le paysage. Voilà les deux orientations primordiales du Parc afin d’atteindre ces objectifs: d’un côté on favorise un développement qui mène vers une agriculture durable et respectueuse de l’environnement, de l’autre côté on soutient la commercialisation locale et le retour aux spécialités régionales qui sont très souvent des créneaux. Par exemple la culture du blé noir est soutenue ainsi que d’autres fruits, afin qu’ils ne disparaissent pas. On labellise également des produits locaux et on aide au niveau de la publicité.
Le Parc a aussi des projets qui ont pour objectif de maintenir la diversité des fruits et des races locales. Par exemple l’élevage des races locales y est soutenu comme le mouton d’Ouessant, le cheval breton ou les vaches régionales comme la vache Bretonne-Pie-Noire. D’une part, on veut les conserver, de l’autre, elles servent comme représentateurs du territoire du PNRA et aident ainsi les habitants à s’identifier au Parc[27]. La plupart se fait dans des projets lancés par le Parc. Cependant au Domaine de Menez-Meur, il y a un grand parc où on trouve beaucoup de races locales. On vend aussi des animaux aux éleveurs. Les touristes et les habitants peuvent aussi y aller et se promener en regardant les races locales. De plus, un parc forestier avec de grands parcours permet de mieux connaître cette faune locale. Afin de maintenir la diversité des plantes et ayant le souci du développement de la forêt, on a pris les orientations suivantes: le Parc est à l’origine de quelques projets en vue de plus d’«hétérogénéité de la récolte» et une «sylviculture de qualité»[28], ce qui signifie: plus de plantes différentes, surtout plus d’essences d’arbres différentes, et une orientation vers la qualité et non plus la quantité du bois récolté. De plus des projets utilisant l’énergie des ressources renouvelables, notamment du bois, sont lancés.
Habituellement, ces projets se financent d’une bonne partie des fonds nationaux ou de l’UE, mais ils ont tous la perspective de devenir compétitifs par leur caractère innovateur. Ces traits de caractère d’être compétitif et respectueux de l’environnement en même temps leur ont rapporté la dénomination «durable». En général, le Parc sert comme institution d’échange entre les agriculteurs pour qu’ils puissent partager leurs expériences, mais aussi entre les autres habitants et les agriculteurs afin de créer plus de compréhension commune.
Un autre objectif très important du PNRA est le développement du tourisme de découverte: on ne veut pas de tourisme de masse, mais un tourisme respectueux de la nature et de la culture régionale avec une tendance vers le tourisme individuel. Dans cet objectif on essaie d’une part de rendre le Parc encore plus attractif pour les touristes étrangers et français et, d’autre part, on travaille à la mise en valeur du territoire. Le PNRA collabore avec les associations touristiques déjà existantes[29], le réseau d’itinéraires s’étend, les centres équestres sont soutenus, le tourisme-pêche individuel[30] est favorisé et les centres d’informations et les offices de tourisme sont aidés pour qu’ils puissent mieux promouvoir le tourisme de découverte dans la région[31], ce qui est un des devoirs primordiaux du Parc. Comme toutes ces offres touristiques dépendent d’une nature aussi vierge que possible, les habitants du Parc profitent encore une fois indirectement de la protection de l’environnement.
Le tourisme profite aussi des autres mesures prises par le Parc afin de maintenir la culture typiquement bretonne: Premièrement on essaie de maintenir et de favoriser le Breton en l’utilisant dans les documents du Parc, ce qui est déjà mis en évidence dans le logo du PNRA : «Parc naturel régional d’Armorique - PARK AN ARVORIG», et dans la signalisation routière sur son territoire et surtout dans les cours scolaires et dans des expositions[32], mais en général il veut aider à maintenir et développer la culture bretonne. Pour cette raison des soirées avec des groupes folkloriques bretons, des cours avec les danses
typiquement bretonnes, des compétitions et des veillées bretonnes, les fameux Festoù-noz[33] sont organisés. Sur le site Internet du PNRA[34] une partie est réservée pour la culture bretonne.
Bien sûr on s’efforce aussi de valoriser le patrimoine historique «classique» (exemple: les alignements de Lagatjar), toutefois, le patrimoine typiquement breton est privilégié. C’est la raison pour laquelle il y a toute une liste de musées traitant tous la culture bretonne de différentes manières: On peut citer l’Écomusée des Monts d’Arrée composé des Moulins de Kerouat, représentant un ensemble intact des moulins originaux et racontant toute une histoire sur la vie de leurs habitants[35], de la Maison Cornec à Saint-Rivoal donnant une image de la vie paysanne dans le bocage du XVIIIème siècle[36], enfin de la Maison du Recteur à Loqueffret, où nous est décrite la vie dure d’un prêtre de campagne et l’organisation d’une paroisse dans les Monts d’Arrée[37]. Dans ces maisons comme dans toutes les autres, des expositions et des actions, surtout en été, dépeignent les vieilles pratiques ou la vie bretonne d’autrefois. Tout près il y a aussi le Musée du Loup, un «musée sans pareil en France», qui raconte l’histoire du loup en Bretagne. On ne montre pas seulement l’aspect écologique mais aussi des images et on raconte les vieilles légendes pour bien illustrer le mythe du loup en Bretagne[38]. Afin de s’informer sur l’agriculture, dans ce cas-là celle de l’ère de la machinisation de l’agriculture, il faut visiter le Musée des Champs à Saint-Ségal où sont exposées des machines agricoles et d’autres objets paysans qui donnent un image de la vie paysanne de cette époque-là. De plus, lors des fêtes paysannes, durant l’été et l’automne, le fonctionnement des machines et le travail d’un agriculteur des années 50 sont présentés[39]. Puis le Parc a créé la Maison des vieux métiers vivants à Argol afin de maintenir et de montrer les connaissances dans des vieux métiers comme le sabotier où la fileuse. Là aussi, toutes sortes d’animations avec des présentations des activités artisanales sont proposées[40]. Avec un contenu plus historique, il y a le Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec situé sur les ruines partiellement reconstruites d’un ancien monastère bénédictin datant du Vème siècle[41]. Si on veut savoir plus sur la vie quotidienne, il est intéressant de découvrir le milieu scolaire ce qui est possible au Musée de l’école rurale à l’ancienne école communale de Trégarvan. On y montre des salles de classes originales, ainsi que des expositions traitant des différents aspects de la vie scolaire et du bilinguisme[42]. Plus spécialisé, l’Écomusée de l’Île d’Ouessant, le premier écomusée de toute la France (fondé en 1968), est composé de la Maison du Niou, représentant la maison typique ouessantoise, donnant ainsi une bonne image de la société et de la vie sur l’île, puis du Centre d’interprétation des phares et balises, où est répertorié leur histoire[43].
Bien que ces musées et maisons s’orientent vers l’aspect culturel, il est généralement difficile de diviser les actions du Parc selon leur caractère écologique ou socioculturel, parce qu’il faut les deux pour permettre un vrai «développement durable».
Enfin, il faut brièvement expliquer l’organisation et le fonctionnement du PNRA. Comme dans tous les PNR, les décisions concernant le futur développement du Parc sont prises par le Syndicat Mixte qui se compose dans le cas du PNRA de 6 membres du Conseil Régional de Bretagne, de 3 membres du Comité Économique et Social de la Région Bretagne, de 9 représentants du département du Finistère, d’un représentant des communes associées au Parc, y compris la ville de Brest, et de 9 représentants des 39 communes adhérentes[44]. Pour ces 9 derniers, le territoire du PNRA a été divisé dans cinq «régions»: les Monts d’Arrée Est, les Monts d’Arrée Ouest, la Vallée de l’Aulne, les Caps (la Presqu’île de Crozon) et les Îles, qui envoient chacune deux représentants, seules les îles n’en ont qu’un[45]. Pour les consultations, on a créé un Conseil Scientifique, avec des représentants des sciences de la nature, mais aussi des sciences humaines[46]. Le travail courant du Parc, c’est à dire: le travail administratif, ... est fait par l’organisme de gestion, le Bureau du Parc / Syndical qui se trouve au Faou. Il est administré par le Président, les quatre Vice-présidents et un Secrétaire[47], qui dirigent avec le Directeur du Parc, une équipe d’environ 27 postes. L’Équipe du Parc accomplit les devoirs dans tous les secteurs et est complétée selon les besoins concrets[48].
Le budget annuel de 2 240 000 € sur le secteur du fonctionnement, et de 365 000 € sur le secteur de l’investissement est financé par la région Bretagne (42,5%), le département du Finistère (42,5%) et les communes adhérentes (15%), y compris les communes associées[49]. Le Ministère chargé de l’Environnement et l’Union Européenne subventionnent indirectement les dépenses courantes et des projets concrets.
Le Parc Naturel d’Armorique n’est pas le seul organisme de protection existant dans le Finistère. Quant à la qualité extraordinaire de la Mer d’Iroise, d’autres labels montrent sa valeur, comme celui de la «Réserve de biosphère», un label de l’organisation Man and Biosphere (MAB) faisant partie de l’UNESCO. Comme la Mer d’Iroise est un excellent modèle des écosystèmes marins et côtiers du nord-est de l’Atlantique, en 1988, le Comité international de coordination du Programme MAB a fini par décider de conférer à cette partie du PNRA le statut de «Réserve de biosphère d’Iroise».
Une «Réserve de biosphère», qu’en est la signification et comment fonctionne-t-elle? Les objectifs principaux sont – pareillement au Parc naturel - la conservation de la biodiversité, le développement vers une utilisation durable et l’amélioration de la situation de la recherche scientifique et de la surveillance. On essaie de «mieux comprendre les systèmes naturels et comment ils se modifient»[50]. Une réserve doit être représentative de toute une grande région, et en même temps, s’étendre sur une zone d’une taille suffisante pour pouvoir bien simuler - ou fonctionner comme - tout un système écologique, qui doit inclure des paysages, des plantes ou des animaux menacés. Elle se compose de trois zones:premièrement, une aire centrale devant «bénéficier d’un statut légal assurant, à long terme, la protection des paysages, des écosystèmes et des espèces qu’elle comporte» et «être soustraite aux activités humaines»[51], deuxièmement une zone tampon, surtout destinée à la recherche et aux études, mais aussi à une utilisation durable (présence de l’agriculture, de la pêche, du tourisme, de la formation etc.), essentiellement des expériences ayant pour objectif l’utilisation économique sans la destruction écologique, et troisièmement une aire de transition extérieure. Celle-ci est surtout le lieu où la population locale, les associations économiques, écologiques, scientifiques, culturelles etc. deviennent actives en collaborant et en réalisant leurs propres idées qui mènent vers une utilisation durable.
Le statut légal pour l’aire centrale étant déjà en vigueur sous forme des «réserves naturelles» et grâce au PNRA, la Réserve de biosphère d’Iroise a pu être établie sans problème. L’organisme de gestion d’une réserve de biosphère, «un mécanisme approprié»[52], dans notre cas le Parc Naturel Régional de l’Armorique et sa direction, essaie d’accomplir les objectifs en lançant des appels, en réalisant des actions et en donnant des conseils.
De la même façon que les Parcs naturels régionaux, les Réserves de biosphère n’ont pas de règles strictes, mais des règles «ouvertes, évolutives et adaptables»[53], ce qui est - pour les deux, le Parc et la Réserve - nécessaire afin de faire face à des situations très différentes, pas seulement quant aux données naturelles, mais aussi aux structures sociales. Bien qu’ils fassent partie de deux réseaux différents, le Parc naturel et la Réserve de la biosphère ont à peu près les mêmes objectifs et le même fonctionnement. Le point commun le plus important est probablement le fait, que ni l’une, ni l’autre n’ont la possibilité de commander, mais seulement celle de proposer, ce qui confère beaucoup de pouvoir à la population locale. Le succès de ces deux institutions de protection et de conservation est donc dépendant de la participation volontaire des gens. Leurs objectifs communs sont probablement la raison pour laquelle il semble quelquefois presque impossible de différencier qui de ces deux, le Parc ou la Réserve, était à l’origine d’un projet, d’une initiative.
Hormis la Réserve de biosphère, un autre projet s’étend sur presque le même territoire. La création du «Parc National Marin de la Mer d’Iroise» sera, après le Parc National Marin de la Corse, le deuxième Parc National Marin de toute la France. Un Parc national, en quoi est-il différent d’un Parc naturel régional ou d’une Réserve de biosphère? «Un Parc national est une partie du territoire où la conservation de la faune, de la flore [...] et, en général, d’un milieu naturel, présente un intérêt spécial et qu’il importe de préserver contre tout effet de dégradation et de soustraire à toute intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, la composition et l’évolution.»[54]. On voit que la nature a encore plus d’importance, que sa protection est de toute première importance et que les règles sont très strictes.
En 1989, «dans la foulée de la création de la réserve de biosphère»[55], le PNRA a proposé l’idée de créer un Parc national marin afin d’assurer une protection plus stricte des archipels. Les raisons pour lesquelles on veut installer un tel Parc National sont à peu près les mêmes que celles pour la création de la Réserve de la Biosphère: «l’exceptionnelle diversité des espaces et des espèces». La fonction représentative du territoire permet de l’utiliser comme zone exemplaire où on peut «assurer un développement durable»[56]. Et bien que les objectifs soient presque les mêmes, il y a une grande différence: le label «Parc national» est le label national de protection le plus sévère existant et pour la vie dans un Parc national les règles sont assez strictes. Habituellement, chacun - les îliens, les écologistes, les pêcheurs, les scientifiques – le souhaite, la «volonté de faire de la mer d’Iroise un site pilote pour la gestion de la bande côtière»[57] existe. Mais les pêcheurs craignent des nouvelles réglementations et les îliens ont peur que leurs intérêts ne soient pas assez respectés, qu’il n’y ait que la protection de l’environnement qui soit important et qu’on oublie l’aspect humain[58]. Ainsi, le juste milieu est assez difficile à trouver, entre l’écologie pure et l’ensemble des hommes et de la nature. Il reste beaucoup de travail de persuasion à faire jusqu’à ce que le Parc National Marin d’Iroise soit créé. Ce travail sera prochainement une des tâches primordiales pour le PNRA. En soutenant le futur Parc national et la Réserve de la biosphère, le Parc lutte directement pour la protection de l’environnement.
Ayant tout bien considéré, il faut dire qu’une mesure de protection et de valorisation du patrimoine naturel et culturel telle que la représente le Parc Naturel Régional d’Armorique est absolument positive à estimer. Bien que l’avantage pour l’environnement ne soit pas aussi direct que, par exemple, dans le futur Parc National Marin d’Iroise, son effet n’est probablement pas moindre, car le Parc sensibilise les visiteurs et surtout les habitants sur les problèmes écologiques. De plus, il n’aide pas seulement à retrouver et maintenir l’identité régionale, dans notre cas la culture bretonne, mais - ce qui est encore plus important - il crée la possibilité de développer, vivre et ainsi exprimer cette culture pour qu’elle puisse être transmise aux futures générations.
«À l’initiative des régions, un territoire à l’équilibre fragile, au patrimoine naturel et culturel riche et menacé, peut être classé en Parc Naturel Régional.»[59] Par sa composition exemplaire de l’aspect écologique et de l’aspect socioculturel et par ses succès envers un développement durable et innovateur, le Parc Naturel Régional d’Armorique doit être considéré comme modèle pour d’autres régions et pour un développement respectueux de l’homme et de la nature en même temps.
[1] voir les résultats électoraux des Verts, annexe II.
[2] Le Parc naturel régional: Une vocation et des missions, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r1.html, 13.11.2002, p. 1
[3] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 1
[4] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 1
[5] Le Parc naturel régional: Des règles, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r4.html, 13.11.2002, p. 1
[6] Le Parc naturel régional: Des règles, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r4.html, 13.11.2002, p. 1
[7] Le Parc naturel régional: Des règles, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r4.html, 13.11.2002, p. 2
[8] Le Parc naturel régional: Des partenaires, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r6.html, 13.11.2002, p. 2
[9] Le Parc naturel régional: Des partenaires, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r6.html, 13.11.2002, p. 2
[10] Le Parc naturel régional: Une vocation et des missions, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r1.html, 13.11.2002, p. 5
[11] Le Parc naturel régional: Un réseau, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/un_parc/questions/r7.html, 13.11.2002, p. 5
[12] Parc Naturel Régional d'Armorique, Park an arvorig - Parc Naturel Régional d'Armorique, Le Faou, 2002
[13] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Annexe 3
[14] informations reçues pendant une visite à Océanopolis, le 30 août 2002
[15] voir la carte sur la qualité d’eau en Bretagne, annexe III.
[16] Michelin et Cie, Guide de Tourisme – Bretagne, Paris Cedex, 1986², p. 117
[17] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 21
[18] Parc Naturel Régional d’Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Plan du Parc
[19] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 22
[20] Parc Naturel Régional d'Armorique, Park an arvorig - Parc Naturel Régional d'Armorique, Le Faou, 2002, #4, Maison de la rivière
[21] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 11
[22] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 19
[23] Parc Naturel Régional d'Armorique, Park an arvorig - Parc Naturel Régional d'Armorique, Le Faou, 2002, #14, Conservatoire botanique national de Brest
[24] Parc Naturel Régional d'Armorique, Park an arvorig - Parc Naturel Régional d'Armorique, Le Faou, 2002, #9, Maison de la faune sauvage
[25] Parc Naturel Régional d’Armorique, Maison des Minéraux, Le Faou, sans année
[26] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 7
[27] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 9
[28] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 10
[29] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 13
[30] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 15
[31] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 13
[32] Parc Naturel Régional d’Armorique, Parlons du breton, Les étés du Parc 2002, Le Faou, 2002
[33] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 24
[34] http://www.pnr-armorique.fr
[35] Parc Naturel Régional d'Armorique, Moulins de Kerouat, Le Faou, sans année
[36] Parc Naturel Régional d'Armorique, Maison Cornec, Le Faou, sans année
[37] Parc Naturel Régional d'Armorique, Maison du Recteur, Le Faou, sans année
[38] Parc Naturel Régional d’Armorique, Musée du Loup, Le Faou, 2001
[39] Parc Naturel Régional d'Armorique, Musée des Champs, Le Faou, sans année
[40] Parc Naturel Régional d'Armorique, Maison des vieux métiers vivants, Le Faou, 2002
[41] Parc Naturel Régional d'Armorique, Musée de l'ancienne abbaye de Landevennec, Le Faou, sans année
[42] Parc Naturel Régional d'Armorique, Musée de l'école rurale, Le Faou, sans année
[43] Parc Naturel Régional d'Armorique, Centre d'interprétation des phares et balises, Le Faou, sans année
[44] voir la liste des communes adhérentes et associées, annexe IV.
[45] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Annexe 1, Article 7
[46] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Article 31
[47] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Annexe 1, Article 8
[48] Parc Naturel Régional d'Armorique, Charte 1997-2007, Le Faou, 1997, Annexe 5
[49] Parc Naturel Régional d'Armorique, http://www.pnr-armorique.fr/fr/presentation/budget.html
[50] UNESCO, Organisation Man and Biosphere, Questions sur les réserves de biosphère, http://www.unesco.org/mab/nutshellF.htm, 26.09.2002, p. 5
[51] UNESCO, Organisation Man and Biosphere, Questions sur les réserves de biosphère, http://www.unesco.org/mab/nutshellF.htm, 26.09.2002, p. 7
[52] UNESCO, Organisation Man and Biosphere, Questions sur les réserves de biosphère, http://www.unesco.org/mab/nutshellF.htm, 26.09.2002, p. 2
[53] UNESCO, Organisation Man and Biosphere, Questions sur les réserves de biosphère, http://www.unesco.org/mab/nutshellF.htm, 26.09.2002, p. 3
[54] Direction régionale de l'environnement, Languedoc-Roussillon, Parc national, http://www.bsi.fr/pnc/index.htm
[55] Mer d'Iroise - Mission pour un parc national marin, Livre de bord #1, Brest, mai 2002, p. 2
[56] Dominique Voynet, discours: "Le parc national marin de l'Iroise", 12.02.1998, Océanopolis, Brest, http://www.environnement.gouv.fr/actua/cominfos/Com1998/comfev98/brest3.htm, 07.11.2002, p. 1/2
[57] Mer d'Iroise - Mission pour un parc national marin, Livre de bord #1, Brest, mai 2002, p. 1
[58] Mer d'Iroise - Mission pour un parc national marin, Livre de bord #2, Brest, août 2002, p. 2/3
[59] Extrait du décret 94-765, 01.09.1994, http://www.pnr-armorique.fr